Éducation bienveillante et discipline, oui, c’est possible

Éducation bienveillante et discipline, oui, c’est possible

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Vouloir donner une éducation bienveillante à nos enfants tout en gardant une certaine discipline, c’est tout à fait possible. Je vous en parle dans cet article, en me base sur les écrits de Gary Chapman et Ross Campbell.

La discipline est essentielle pour le bon développement de l’enfant

À entendre de l’éducation bienveillante un peu partout dans les médias, on a une idée faussée de la discipline dans l’éducation. Car l’éducation bienveillante ou positive, ne veut pas dire absence de règles, pas d’autorité et pas de discipline.

L’enfant a besoin d’être confronté à une sorte d’autorité saine, sans abus de la part du parent. Car cette discipline permet aux jeunes de connaître les limites et d’être en mesure d’identifier un comportement adéquat de celui qu’il n’est pas bon d’avoir dans certaines circonstances.

De plus, c’est un élément indispensable pour évoluer dans la société : respect des autres, de soi-même (estime de soi), compréhension de la vie en communauté, …  

Pour un bon développement de l’enfant, voyons comment utiliser la discipline de manière sage et sans excès d’autorité.

La discipline et les langages de l’amour

Plus l’enfant se sentira aimé, plus il sera facile d’exercer la discipline. Donc, avant de discipliner, le parent devrait veiller à remplir le réservoir émotionnel de l’enfant. Il serait aussi important d’exprimer cet amour inconditionnel, après avoir fait usage de notre autorité bienveillante. En utilisant le langage de l’amour privilégié de l’enfant de manière positive, on aura des résultats plus efficaces.

Si tu n’as encore jamais entendu parler de ces termes de « réservoir émotionnel », « d’amour inconditionnel » ou de « langage d’amour », je t’invite à aller lire cet article.

Donc, pour résumé, il est préférable de voir les choses dans cet ordre :

  • Amour
  • Discipline
  • Amour

Imaginons que l’enfant ressent de la colère, de l’amertume vis-à-vis du parent, alors l’autorité parentale n’aura aucun effet. Si en revanche, l’enfant se sent apaisé, sans aucun ressentiment, il acceptera plus volontiers les directives et les demandes des parents.

Dans un état émotionnel tourmenté et en entretenant une mauvaise relation avec ses parents, l’enfant considérera toutes demandes comme un ordre et se braquera. Il finira même par adopter une attitude d’opposition aux requêtes parentales, voire à toute autorité. N’a-t-on jamais vu l’enfant faire le contraire de ce qui est demandé ?

J’aime illustrer mes propos par des exemples. Et pas plus tard que ce week-end, mon petit de bientôt 2 ans s’est frustré lorsque j’ai voulu l’habiller. Lors de ce moment de colère, il a lancé tous ses vêtements sur le sol. J’ai essayé de lui expliquer que maintenant, il devait les ramasser. Tu peux bien imaginer, qu’il n’a rien voulu savoir et s’est mis à crier de plus belle.

J’ai donc attendu qu’il se calme un peu et je lui ai ensuite proposé un gros câlin, qu’il a accepté bien volontiers. Après un petit moment dans mes bras, quelques mots d’amour et une explication de son acte, à mon grand étonnement, il est allé ramasser ses vêtements sans se faire prier, et même avec un peu de fierté.

Amour + discipline + amour, l’équation la plus équilibré pour une éducation bienveillante.

Comprendre l’enfant avant de faire usage de la discipline

Un enfant qui se conduit mal exprime des besoins. C’est donc à nous, parents de comprendre les raisons de ce comportement. Il est important de se poser deux questions :

  1. De quoi a besoin mon enfant qui s’est mal conduit ? Cela nous permet d’envisager une solution adaptée tout en restant serein.
  2. La deuxième question à se poser est : mon enfant a-t-il besoin qu’on remplisse son réservoir ?

Quel est l’intérêt de demander quelles sont les nécessités de mon enfant avant d’envisager de remplir son réservoir émotionnel ? Tout simplement, car d’autres besoins peuvent être à l’origine d’un mauvais comportement : la faim, la soif, la maladie, la souffrance, le surmenage, … Une fois la cause trouvée et rétablie, nous pouvons résoudre le problème plus facilement.

C’est très fréquent que les enfants qui commencent d’avoir faim soient souvent plus turbulents. De même, lorsque la fatigue se fait sentir, les plus jeunes pleurnichent, se collent aux parents et parfois commencent à faire des bêtises.

Répondre aux besoins des enfants, tout en veillant que le réservoir affectif soit rempli, c’est là le plus important avant de se lancer dans la discipline.

Les 5 méthodes de discipline

Selon Gary Chapman et Ross Campbell, il existe 5 moyens de veiller à la bonne conduite de nos enfants : 2 positives, 2 négatives et 1 neutre.

les 5 méthodes de discipline selon Gary Chapman et Ross Campbell.

Je vais tenter de te les exposer et voir quelle méthode l’on peut utiliser avec bienveillance.

+ Présenter des requêtes

Les requêtes sont considérées comme le moyen le plus efficace pour contrôler le comportement de l’enfant. Demander au lieu d’exiger passe généralement mieux pour tout le monde, même en tant qu’adulte.

Si ton patron t’impose de terminer ce dossier avant vendredi soir, ça te rendra certainement plus irrité, voire en colère contre lui. Si au contraire, il vient vers toi te demander gentiment quand imagines-tu avoir terminé ce dossier et si tu penses que se sera fait d’ici la fin de la semaine, c’est bien moins agressif.

Pour l’enfant, c’est également le cas. Les demandes formulées sous forme de requêtes sont généralement acceptées volontiers. Elles ne provoquent, en principe, pas de colère, ni de frustration. C’est donc un échange entre le parent et l’enfant est agréable et aimable.

Cette manière de faire porte 3 messages non-verbaux :

  • Le respect que l’on porte à notre enfant (respecter de ses sentiments, entre autres).
  • Reconnaître que l’enfant a un cerveau et est capable de se construire ses propres opinions (faire un choix).
  • Notre espoir de le voir assumer sa responsabilité (de son choix). La requête a pour but de guider et d’encourager l’enfant à prendre ses responsabilités.

Pour les sceptiques, ne vous inquiétez pas. Cette pédagogie n’a rien de permissive : les parents n’abandonnent pas leur autorité et ni le respect que l’enfant leur doit. C’est souvent le contraire qui est observé. L’enfant sentant qu’on ne lui impose pas les choses, respectera plus ses parents.

Les demandes, les requêtes sont donc un très bon moyen d’avoir un lien fort et souder avec son enfant. Elles sont plus agréables, plus souples et plus douces que les ordres, alors ne vous en privez pas de les utiliser en priorité.

+ Tendre pression physique

C’est une manière douce de guider l’enfant dans ce que nous souhaitons qu’il fasse. Tu comprendras qu’on l’utilise plus facilement avec de jeunes enfants qui n’ont pas encore conscience du poids de leurs actes.

Cette technique peut s’avérer très pertinente lors de la période du « non » de l’enfant, vers l’âge de 2 ans. Si tu es déjà passé par ce stade du développement de ton petit, tu comprendras bien ce que je veux dire.

Chez nous, nous sommes en plein dedans avec notre fils de bientôt 2 ans.

  • Est-ce que tu veux un bout de pain ?
  • Non !

Je lui tends le morceau de pain et il le prend.

  • Tu viens avec moi pour te laver les mains et la bouche ?
  • Non !

Je tends la main vers la sienne et il vient avec moi.

Des exemples comme cela, j’en ai à la pelle.

Tu comprendras, que le « non » de l’enfant n’est donc pas une rébellion, une résistance ou une opposition, mais tout simplement une étape normale de son développement. Je reviendrai plus en détail sur ce sujet dans un prochain article.

Mais en attendant, comprend simplement que prendre gentiment l’enfant par la main, lui tendre un objet, l’accompagner, etc… sont des manières douces d’amener l’enfant vers notre objectif. Si notre geste est doux, calme et rempli d’amour, l’enfant se sentira aimé et respecté.

Cette technique s’avérera souvent bien plus productive qu’une punition si l’on sait garder notre sang-froid, sans se fâcher et sans crier. Il ne faut parfois pas plus pour éviter de frustrer l’enfant et déclencher de la colère.

+/- Donner des ordres

Cette solution peut provoquer une certaine colère ou irritation chez l’enfant. Encore plus, quand elle est pratiquée trop fréquemment. Pourtant, elle peut s’avérer utile dans certains cas.

Comme je l’ai présenté avant, les requêtes sont à prioriser pour son côté respect de l’enfant et bon développement de l’estime de soi. Malheureusement, une attitude très autoritaire de parent, comme l’utilisation répétée d’ordre, de semonces, de harcèlement et aussi de hurlement, va avoir un effet inverse. Ne lui laissant pas le choix, ni la possibilité de s’exprimer, l’enfant aura l’impression que son opinion et ses sentiments ne nous importent peu.

Il ne faut donc pas s’étonner si, à force d’abuser de notre autorité, nous perdons notre crédibilité et notre efficacité.

Néanmoins, je disais juste avant, que les ordres peuvent être pertinent dans certains cas et s’ils sont utilisés occasionnellement. Dans ce cas-là, et uniquement dans ce cas-là, notre autorité sera renforcée : l’enfant aura plus de respect, d’amour et de reconnaissance envers nous.

Alors oui, un ordre peut être donné à son enfant s’il a du sens, mais il est bon de prioriser l’échange, la communication et l’écoute.

– La punition

Si tu es un fervent défenseur de la pédagogie positive, ce point devrait t’intéresser. Car bien évidemment, la punition est la moins positive des solutions.

Dans le cas de la punition, il est important de proposer une sanction proportionnelle à la faute. Malheureusement, ce n’est pas toujours facile. L’enfant étant spécialement sensible à l’injustice, sera très vite frustré par le manque d’égalité des châtiments au sein de la fratrie.

De plus, chaque enfant va vivre la punition différemment. Je parlais justement de cela avec des amis au sujet de la fessée. J’expliquais au couple avec qui nous étions, que tous les enfants n’interprètent pas ce geste de la même manière. Si pour certains, il aura l’effet escompté pour d’autres cela va s’avérer être totalement inutile.

Mais ce n’est pas cela le plus inégalitaire dans l’acte de punir, mais notre état émotionnel du moment. Il y a des jours où tout va bien, nous serons plus cléments. D’autres instants, où rien ne va, et risquons donc de punir plus sévèrement.

Nous savons, aujourd’hui, que ce mode d’éducation est contreproductif. Il va provoquer une rancœur et une colère chez l’enfant. Ce dernier risque même de développer un comportement agressif vis-à-vis des parents, mais aussi des autres.

Cependant, n’oublions pas que parfois la sanction est inévitable. Néanmoins, cela doit être une solution de dernier recours (après avoir testé les autres options) et bien réfléchir à qu’elle soit proportionnelle à la faute. Une éducation bienveillante avec une discipline, oui, mais sans violence et abus d’autorité.

– Modification du comportement par la pression psychologique

C’est le principe de récompense ou de confiscation. En d’autres termes, on félicite un bon comportement en ajoutant un élément agréable à l’environnement de l’enfant (un bonbon, un cadeau, etc…) ou on va punir une mauvaise attitude en enlevant un élément auquel l’enfant porte un intérêt (un jouet, regarder la TV, aller voir ses copains, … )

Malheureusement, même si cette méthode peut s’avérer utile lorsque l’enfant présente des problèmes récurrents de comportement (principalement quand celui-ci n’éprouve aucun regret), elle va donner un sentiment à l’enfant qu’il n’est pas aimé.

Avec ce principe de conditionnement, les sentiments et les besoins émotionnels de l’enfant ne sont pas pris en compte. Au final, l’enfant agira par peur de la sanction ou au vu de la récompense.

À mon sens, cette méthode de discipline, même si elle donne des résultats, n’est pas la plus pertinente dans une optique d’éducation bienveillantes.

Comment utiliser la discipline et rester dans l’éducation bienveillante

Pour résumé tout ce que je viens d’écrire, la discipline est essentielle pour le bon développement de l’enfant, mais pas de n’importe quelle manière.

Il faut toujours commencer par comprendre ce qui se cache derrière un tel comportement et veiller à y répondre (faim, sommeil, souffrance, surmenage, etc… ou réservoir émotionnel vide).

Ensuite, on peut tenter de discipliner en utilisant en priorité le principe des requêtes, puis les tendres pressions physiques. C’est seulement lorsque ces tentatives échouent, qu’on peut s’orienter vers les ordres, avec amour et patience et sans en abuser bien évidemment.

Quant aux punitions et à la pression psychologique, mieux vaut les éviter. Les conséquences à long terme sur le développement psychologique, l’estime de soi et la relation entre l’enfant et l’adulte sont pas négligeables.

Voilà ! Maintenant, tu connais les comportements d’éducation bienveillante qu’il faut privilégier pour respecter ton enfant avec discipline et pour enseigner à ton enfant les bonnes attitudes à avoir en société. C’est ainsi que vous développerez une bonne relation entre vous deux. D’ailleurs, si tu souhaites aller encore plus loin de la construction du lien entre parent et enfant, je t’encourage vivement à télécharger mon guide pratique ci-dessous.


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