La période des Pourquoi

La période des Pourquoi

31 octobre 2019 1 Par Shirley
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Elis: Maman pourquoi le ciel est gris ? Moi: Parce qu’il y a du brouillard. Elis: Pourquoi y’a du brouillard ? Moi: Parce que les nuages sont bas. Elis: Mais maman pourquoi parfois les nuages sont bas et d’autres fois ils sont haut dans le ciel ?  Moi: … Je ne sais pas, mon chéri. On demandera ce soir à papa.

Des discussions de ce genre, vous en avez certainement tous vécu. Mais pourquoi donc nos enfants ont-ils autant de questions ? Et comment y répondre au mieux ? Et pourquoi parfois les enfants enchaînent les « pourquoi » sans vraiment tenir compte des réponses qu’on leur donne ? Je vous explique tout dans cet article.

Pour commencer, qu’est réellement cette période du pourquoi ?

Cette période début par l’apparition du langage et la découverte du monde. L’enfant, à partir de 2 ans, s’exprime de mieux en mieux, il va comprendre que le langage est le moyen le plus utilisé pour communiquer. Il va donc de plus en plus interagir de cette manière avec son entourage. Il va également aller plus à la rencontre des autres enfants et communiquer avec eux par ce biais. 

Image par Pezibear de Pixabay

Mais c’est sa curiosité qui va le pousser à poser toutes ces questions. Il découvre le monde qui l’entoure, la nature, les gens, les objets, … Il veut donc comprendre. Il s’interroge sur le fonctionnement de la société, sur les phénomènes naturels, sur l’utilité de chaque objet. C’est donc principalement pour comprendre ce qui l’entoure que l’enfant va poser autant de questions. 

L’enfant attend donc de nous, des réponses. Mais aussi un échange avec l’adulte.

Comment accompagner l’enfant dans cette période du pourquoi ?

Répondre avec des mots adaptés

Ne pas ignorer sa question, mais au contraire prendre le temps de répondre clairement avec des mots d’enfants.

Ce n’est pas toujours évident de trouver une explication simple, mais juste, à des questions parfois bien compliquées. Cependant, essayer ! L’enfant continuera à poser des questions s’il n’est pas satisfait de la réponse que vous lui avez donnée. Et au contraire, il partira satisfait, si les réponses données l’aident dans sa réflexion.

Image par ambermb de Pixabay

Si vous bloquez sur la manière d’aborder ce sujet, commencer par lui poser la question suivante : tu penses quoi, toi ? Vous serez parfois bien étonné par la réponse que l’enfant vous donnera. Les enfants connaissent parfois déjà la réponse, mais ont besoin de la confirmation de l’adulte. Parfois, ils nous surprennent avec des théories pas si loin de la réalité.

Partez donc de leurs réponses en complétant ou corrigeant. Ça permettra, en même temps à l’enfant, d’apprendre à analyser un sujet avec les données qu’il connaît déjà. Des capacités essentielles pour étudier le monde, poser des hypothèses et aller rechercher les réponses.

Comment aborder les sujets délicats ?

Il est, à mon sens, important de ne pas transformer la vérité pour que ce soit plus « recevable » pour l’enfant. En particulier, lorsque l’enfant aborde des sujets délicats ou tabous.

Prenons l’exemple de la mort. Parfois, nous entendons des explications telles que « papy est partie pour un long voyage ». Dans l’esprit de notre enfant, il s’imagine que papy a pris l’avion, le bateau et tout autre moyen de transport pour voyager. Et comme lorsque vous partez en vacances en famille, papy reviendra bien un jour. Si l’enfant a très bien compris que c’est un voyage sans retour, cela peut même créer une angoisse chez l’enfant. Avoir peur de partir en voyage, peur de ne jamais revenir à la maison, comme papy.

D’autres sujets, comme la sexualité, la religion, la guerre, le racisme, … peuvent parfois nous mettre mal à l’aise. Cependant, je pense que les enfants ont des capacités bien plus mature que ce qu’on imagine. Ils comprennent bien mieux que ce qu’on pense. Alors, osons parler clairement avec nos enfants de ces sujets.

Lorsqu’on ne connaît pas la réponse, comment faire ?

Eh bien là aussi, je pense que nous devons être honnêtes avec eux et avouer notre ignorance. En revanche, nous pouvons aller chercher la réponse avec eux dans les livres, sur Internet (faites attention, tout n’est pas vrai sur la toile), ou même directement questionner des personnes qui connaissent le sujet.

Cette démarche a également un aspect très important pour la suite. L’enfant apprendra avec votre aide à rechercher les réponses à ses questions. Puis lorsqu’il sera plus grand, généralement lorsqu’il saura lire, il sera capable d’aller à la recherche de réponses, seul et viendra vers vous uniquement quand il n’arrivera pas à trouver par lui-même.

Pourquoi, pourquoi, pourquoi, … ?

Ce week-end, nous avons fêté l’anniversaire de mon neveu. Et ce dernier enchaînait les pourquoi. J’avais un peu oublié l’effet « agacent » que ça pouvait avoir sur moi les pourquoi à répétition. J’ai donc décidé de me pencher sur la question pour avoir la meilleure attitude à adopter avec un enfant qui semble poser la question sans vraiment attendre de réponse.  Il y a plusieurs théories sur les raisons de ces « pourquoi » incessants.

Recherche d’affirmation de soi, recherche des limites de l’adulte

On pourrait se demander si l’enfant n’est pas dans la continuité de la phase de recherche de soi. Cette période du « non » ou l’enfant cherche à s’affirmer en tant que personne.

Il aurait besoin de voir jusqu’où ses « pourquoi » ont un impact sur l’adulte. Jusqu’où il peut aller, où sont les limites de l’adulte.

Mais devons-nous vraiment laisser faire ou devons-nous intervenir ?

Il est important que l’enfant découvre le monde des interactions sociales, mais je pense qu’il est aussi nécessaire que l’enfant apprenne à poser des questions quand il souhaite une réponse.

Avant de répondre à la question suivante, demandez à l’enfant ce que vous venez de lui dire, demander lui ce qu’il a envie de savoir. Bref, essayez de savoir si c’est un réel intérêt pour le sujet, ou si tout simplement, il vous teste.

Recherche d’attentions

Image par Kevin Phillips de Pixabay

Une autre théorie intéressante est celle de la recherche d’attention. L’enfant a remarqué que le parent répond à ses questionnements et prend donc du temps avec lui à ce moment-là. Il essaye donc de prolonger ce moment avec l’adulte de cette manière.

Le mieux serait de prendre du temps avec l’enfant. S’arrêter un moment dans notre rythme infernal quotidien et jouer avec lui, faire un dessin à deux, regarder un livre, chanter, aller se promener et observer chaque petite fleur ou brindille, … Arrêtez-vous, mettez votre quotidien en mode « pause » et passer du temps avec votre enfant.

Si malgré tous vos efforts l’enfant n’est pas rassasié, ne vous en faites pas, cette période ne dure que quelques années (jusqu’à 4-5 ans environ). Cela dit, si nous répondons à cette soif de connaissances, l’enfant continuera à être curieux et à poser des questions. Mais ce sont généralement des questions formulées plus clairement et nos réponses plus complètes.

Pour mettre un peu de bonne humeur sur ce post, partager les plus belles questions de vos enfants en commentaires.


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