Comment exprimer nos émotions, trouver la clé de notre coeur

Comment exprimer nos émotions, trouver la clé de notre coeur

20 septembre 2018 4 Par Shirley

On parle beaucoup de l’apprentissage de la gestion des émotions de l’enfant. On nous explique que les bébés pleurent plus le soir pour décompresser, faire sortir le surplus d’émotion, les tentions de la journée. On sait également que les enfants sont aussi plus sur les nerfs quand la fatigue se fait sentir. Mais qu’en est-il des adultes, des parents?

On garde beaucoup au fond de nous, parce que nous sommes les adultes, nous devons montrer l’exemple à nos enfants. Mais montrer quoi? Qu’on n’a pas le droit d’avoir des sentiments, d’être fatigué une fois devenu adulte? Je pense que notre société à oublié de nous dire que les sentiments restaient en nous une fois grand, et que même face à nos enfants. nous avons le droit de les exprimer. Mais comment faire face à nos sentiments d’adultes?

Nous devons faire face à nos émotions, apprendre à les reconnaitre, apprendre à les exprimer, à évacuer nos tensions. Cela demande un grand effort de notre part, en tant que parent. Mais le résultat n’est que positif pour l’apprentissage de la gestion des émotions de nos enfants. N’oublions pas que nous sommes leur modèle!

En laissant sortir nos émotions, sans excès

Vous allez me dire que c’est logique. Qu’il est important de laisser sortir ses émotions. Mais grand nombre d’adulte ont de la peine à exprimer leurs émotions, comme lorsque nous étions enfant. Peut-être parce qu’on a été éduqué de la sorte; à ne pas pleurer, ne pas crier, rester silencieux et obéir sans poser de question. Je ne suis pas là pour faire le procès des nos parents, grand-parents,… Ils ont fait selon les normes sociales de leur époque. Mais aujourd’hui, des études l’ont démontré, il est important pour un enfant d’apprendre a exprimer ses sentiments. Et nous les adultes?

Nous avons 4 grandes émotions en nous. la tristesse, la colère, la joie et la peur. Et nous devons apprendre à les exprimer, sans trop d’excès, mais en étant honnête avec nous-même.

La tristesse

larmeC’est certainement l’émotion qui nous pose le plus problème. Nous avons tellement souvent entendu les adultes de notre enfance nous répéter “tu es grand, tu ne dois pas pleurer”, ou encore “les garçons ne pleurent pas”, “arrête de pleurer sinon les gens autour de nous vont se moquer de toi”,… Il est donc très difficile de faire abstraction de ces phrases dépassées et aller de l’avant. Mais ça se travail. Une pierre après l’autre, un chagrin après l’autre.

Personnellement, j’ai beaucoup de peine à pleurer, car enfant on m’a dit d’arrêter. J’ai donc arrêté de pleurer. Surtout en public. Je me laisse parfois aller quand je suis seule dans ma chambre, quand ça va vraiment mal. Mais je suis seule, et donc personne pour me consoler. J’aurais parfois aimé, étant enfant, qu’on entende plus ma tristesse et qu’on me console. Aujourd’hui, je n’ai pas le réflexe de chercher cette tendresse, mais j’apprend. Mes enfants m’ont déjà vu pleurer. Rarement, certes, mais c’est arrivé. Dans ces cas là, j’ai envie de les prendre dans mes bras. Ça me rassure et ça m’apaise.

Mes enfants comprennent que moi aussi je peux parfois être triste et que je pleure, sans excès. Juste ce qu’il faut pour que ma tristesse soit prise en considération et qu’on me console.

La joie

Pour la joie, c’est vrai qu’on a généralement plus de facilité. Quand un sentiment est positif, la société nous pousse a l’exprimer. Mais c’est pas le cas pour tous. Il faut savoir être vrai. Montrer notre vrai joie et non une pseudo joie, pour faire plaisir au gens avec lesquels on se trouve.rire

J’avoue que pour moi, la joie n’est pas un problème. Je suis une personne souriante et relativement bien heureuse. J’ose rigoler en public quand la joie est grande, j’ai parfois même des larmes qui coulent lorsque le bonheur est grand. Mais je sais que d’autres personnes n’ont pas cette chance et vivent des situations qui les rendent triste ou en colère, ou ils ont constamment peur qu’ils leur arrivent malheur. Je sais que pour ces personnes, il est difficile d’avoir le sourire au lèvre à longueur de journée.

Alors, mon conseil, c’est de se réjouir des petits riens. Se permettre d’exprimer la joie, même si ce n’est que l’espace d’une seconde. Un regard heureux d’une petite fille dans la rue, le chant d’un oiseau, un bisou de notre fils,… un petit rien qui nous donner le sourire pour une fraction de seconde, Et si le rire survient, par surprise laissez-le sortir. Eclatez-vous et profitez du moment présent.

La colère

colèreAh cette émotion nous pose bien des soucis. On sait jamais trop comment l’exprimer. Parfois nous ne nous contrôlons plus. Et je vous l’apprend peut-être mais c’est une réaction biologique. Lorsque la colère monte en nous, il s’agit de sécrétions d’hormones (entre autre l’adrénaline) qui vont nous pousser à gesticuler et s’exprimer fort. Tout le défi est là: apprendre à contrôler cette sécrétion hormonale.

Nous ne réagissons pas tous de la même manière fasse à la colère. Il y a ceux qui l’utilisent, comme technique de défense, de garder ce sentiment enfouit au fond d’eux. Et il y a la 2ème catégorie, dont je fais partie, qui expriment trop leur colère.

Le but est donc d’apprendre à trouver le juste milieu entre ces 2 extrêmes. Ne pas exprimer par des gestes de violence, mais exprimer quand même.

La peur

Ah la peur. C’est un sujet délicat. Parce qu’on a peur (oui c’est le cas de le dire) de transmettre nos peurs à nos enfants, mais en même temps, on sait que leur exprimer nos peur les aide à grandir. C’est un dilemme dans notre société occidentale.peur

Moi j’ai grandit avec une maman qui a souvent eu peur, pour elle et pour nous. Je la comprend très bien, c’est une maman, et elle s’inquiétait (elle s’inquiète encore et toujours) pour ses enfants. Je suis devenue une femme et une maman qui a relativement peur de beaucoup de chose. Alors, je me suis posée des questions sur la manière dont je dois faire avec mes enfants, pour éviter de leur transmettre mes peurs, mais tout en leur en faisant part.

Ma technique, la verbalisation. Je le leur dit lorsque j’ai peur. Ça semble anodin, mais ça change tout. Je le dit aussi aux adultes présents. J’ai rédigé un article sur une excursion que nous avons faite dernièrement dans une grotte. En le lisant, vous comprendrez que j’ai eu peur, mais je l’ai exprimer à tous ceux qui nous accompagnaient. Les gens ont entendu ma peur et m’ont encouragé et accompagné. Comme je l’ai d’ailleurs fait avec mes enfants ce jour-là. Allez-vite lire l’article ici, vous verrez, c’est également un article enrichissant.

En verbalisant nos émotions

L’un n’allant pas sans l’autre, pour que nos émotions soit interprétés juste, il faut verbaliser se qu’on ressent.

Un exemple récent me vient à l’esprit. L’autre soir avec mon mari, nous regardions le dernier épisode de la saison 1 de notre série de l’été “Cameron Black, l’illusionniste”. Comme dans chaque série à chaque fin de saison, on reste avec un suspense pour la saison suivante. Alors j’ai voulu savoir quand la saison 2 allait sortir. Et là grosse frustration en moi… il n’y aura pas de saison 2. J’étais frustrée, fâchée contre les américains (c’est parce que les américains n’ont pas assez aimé la série qu’il n’y aura pas de saison suivante).

Mais qu’était-il en train de se passer en moi? Je savais que j’étais frustrée, mais mon visage souriait. J’étais là devant l’écran et je souriais. N’importe qui aurait pu dire que ça me faisait plaisir que se soit la fin. Mais non, car en même temps j’exprimais verbalement ma tristesse, ma frustration, ma colère contre les américains. Je répétais “je suis frustrée, ça m’énerve. Pourquoi les américains n’ont pas aimé la série, elle est trop bien cette série”. Bref, vous voyez l’idée.

Il est donc important de mettre des mots sur nos émotions. Cela nous permet d’informer les autres de ce que nous ressentons, mais également de nous apaiser. Savoir que quelqu’un nous écoute peut également être un moyen de calmer nos émotions.

Quelques conseils quand il s’agit de la colère

Dans le livre “La colère, cette émotion mal-aimée” écrit par Carolle et Serge Vidal-Graf, les auteurs nous proposent quelques pistes pour exprimer nos émotions, en particulier la colère.

  • En premier lieu, les auteurs nous conseilent de parler en JE. L’autre personne n’est pas responsable de ma colère, de ma tristesse, de ma peur et je ne suis pas responsable de la colère ou la tristesse de l’autre.
  • L’auteur nous propose également d’apprendre à reconnaître les signes précurseur de nos émotions, et ainsi anticiper nos réactions, afin d’être plus vrai.
  • Ils exposent ensuite, la théorie de la Communication Non Violente (CNV) de Marshall Rossenberg (“Les mots sont des fenêtres (ou des murs)). Nous devons prendre la responsabilité de toutes nos émotions, et la cause de nos émotions réside en nous.

Pour allez un peu plus loin dans la CNV, vous pouvez regarder cette vidéo de Les défis des filles zen.

En prenant du temps pour nous, pour évacuer nos tensions

Je pense qu’on en parle pas assez, mais nous avons tous besoin d’une soupape. Une activité, un passe-temps qui nous permette des décompresser des émotions de la journée. C’est essentiel, comme un bébé qui a besoin de pleurer le soir avant de s’endormir.

Pour ma part, j’ai repris un activité physique il y’a plus d’un an. Je fais du foot dans une équipe féminine. Et ça me fait un bien fou d’aller 1 à 2 fois par semaine, courir, taper dans un ballon. Pendant 2h je ne pense plus à rien d’autre qu’à jouer au foot.

Mais c’est pas tout, parfois, quand je sens que j’en ai besoin, je me mets à bricoler. Je sors ma peinture, ma colle et je confectionne de jolis objets, juste pour le plaisir. La couture est également une échappatoire qui me permet d’évacuer mes émotions.

Et dernièrement, après le retour de vacances, la pause estival des entrainements de foot et le manque d’envie de bricoler et coudre, j’en ai eu assez. Je n’avais plus rien pour contenir toutes ces émotions. Parce que, même si j’en exprime passablement, il faut parfois se taire plutôt que de devenir méchant. On évite le conflit sur le moment, mais le sentiment reste au fond de nous. Et puis bon, la tension avec les enfants épuise aussi.

Alors nous avons décidé de faire garder nos enfants 24h et prendre enfin, un temps en couple et avec des amis (sans enfants). Retrouver, l’espace d’une journée, notre liberté de couple. Et je pense qu’on oublie parfois un peu trop, que nous sommes un couple et pas seulement des parents.

Mes conseils en résumé

  • Exprimer ses émotions, laisser sortir nos rires, nos pleures, notre colère, notre angoisse
  • Verbaliser nos émotions:
  • Parler en JE
  • Prendre la responsabilité de nos émotions (CNV)
  • Reconnaitre les signes précurseurs de l’émotion
  • Prendre du temps pour nous, pour évacuer nos émotions

Nous devons faire face à nos émotions, apprendre à les reconnaître, apprendre à les exprimer, à évacuer nos tensions. Cela demande un grand effort de notre part, en tant que parent. Mais le résultat n’est que positif pour l’apprentissage de la gestion des émotions de nos enfants. N’oublions pas que nous sommes leur modèle!

Ce n’est pas donné à tout le monde d’exprimer ses émotions avec bienveillance. Personnellement, c’est pas tous les jours facile, mais j’y travail. Mon plus grand défi est d’apprendre à exprimer ma colère, sans crier et sans accuser les autres responsable de ma frustration. Et pour toi, quel est l’émorion qui te donne le plus de fils à retordre?


Partager l'article :
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  • 3
    Partages